L'exploration de la maison guide puériculture
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Vu de bébé
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C'est dans la cuisine ou dans la salle de bains que les bébés aiment aller le plus souvent. Le problème de la cuisine n'est pas simple. S’y trouve beaucoup de dangers pendant que vous préparez les repas: four très chaud, queues de casseroles dépassant, couteaux... et, de façon permanente, des instruments et des produits d'entretien dangereux pour les bébés. On en parle assez pour qu'il ne soit pas nécessaire de les détailler ici.
Barrières protectrices et barrières limitatives pour bébés
Si elles ne sont pas installées dans un esprit de punition et de limita tion systématique de l'espace de bébé, les barrières ne sont pas un handicap. Ce n'est qu'aux adultes qu'elles évoquent la prison, on l 'a vu, l'enfant a tout son espace derrière. Placer une barrière en haut d'un escalier ne pose guère de problème, mais en mettre une à la porte de la chambre pour que le bébé n'en sorte pas alors même que l'on peut continuer è se voir et à s'entendre, donc à être ensemble.
Veillez à acheter une barrière facilement amovible, conseil de puéricultrice. Le jour où vous la poserez, il aura peut-être des réactions de surprise ou de désagrément . Vous pouvez l'aider à les surmonter les premiers jours en vous mettant avec lui à l'intérieur de sa chambre ou de l'espace fermés la barrière sera associée à un plaisir et non à ure frustration : il la décou vrira avec vous de l'intérieur et non alors que vous êtes à l'extérieur, comme si elle l'empêchait de vous rejoindre.
Puis vous lui expliquerez ce que vous redirez souvent ensuite, qu'il y a un moment pour jouer dans sa chambre et un moment pour se promener partout : Maintenant, c'est le moment de jouer dans la chambre. Tout à l'heure, quand j'aurai fini, tu pourras sortir... »
Début d'apprentissage puériculture en douceur de règles qui n'ont rien de pertur bant. Début de représentation de la durée : maintenant, après, un peu plus tard... Importance que ce qui est décidé soit clair et permanent. Toutes ces précautions sont diversement nécessaires selon les enfants et selon les périodes.
Cuisine, salle de bains : éveil pour bébé
Si l'aménagement de la cuisine s'y prête, il est sans doute possible d'y laisser venir votre enfant aux moments où il n'y a pas de danger et où vous êtes disponible pour le surveiller. Avec une petite table ou un tabouret large sur lequel il puisse monter (tout seul ci possible).
L'évier devient un domaine de « travail » plus qu'apprécié ! « Faire la vaisselle », « laver la salade » ou touer à l'infini avec des objets en plastique le plaisir que vous y voyez vaut bien le petit désagrément de deux serpillières à essorer !
A titre d'exemple, vous pouvez lui consacrer dans la cuisine un ou deux placards en Fermant soigneusement les autres. Ceux-là, il pourra les ouvrir, les vider, y trouver des choses passionnantes : boites à réfrigérateur, couvercles, bouchons, passoires, boîtes de camembert, godets pour les glaçons, etc. Certaines cuisines se prêtent à ces « travaux.», d'autres beaucoup moins... L'important est d'avoir des lieux d'explora tion, non de jouer spécifiquement dans la cuisine...
Pensez que les enfants mettent beaucoup de temps à construire leur notion d'espace, de grandeur, de profondeur, d'éloignement, etc. C'est pourquoi sans doute ils passent autant de temps à mettre des objets les uns dans les autres. Donnez-leur toujours plusieurs contenant et collec tionnez les bouchons plastiques, couvercles de « petits pots », etc., et les boîtes vides. Vous les verrez passer beaucoup de temps à transvaser.
La salle de bains peut devenir un autre lieu d'activité (sans pour autant gaspiller l'eau dont il apprend aussi quelle richesse elle repré sente). Voir l'eau rester ou disparaître, quelle source d'étonnement et de réflexion ! (Pensez à ce jeu : le moulin à eau, ou à sable d'ailleurs.)
Vous verrez vous-même comment il tire parti de votre appartement ou de votre maison selon son aménagements.
Peu de risque: beaucoup de découvertes pour bébé
Ne craignez pas de le laisser faire des expériences un tout petit peu risquées, comme ouvrir et fermer une porte ; vous pouvez empêcher celle-ci de se fermer complètement en posant par terre un paquet lourd ou une boîte de lessive pleine. Certains enfants passent beaucoup de temps à se mettre debout et à se déplacer avec le battant de la porte qui avance et recule : ils éprouvent une sorte de jubilation à jouer avec leur équillibre.
Si vous lui dites sans arrêt : « Ne touche pas la porte, tu vas te pincer, aura sans cesse envie d'y toucher tout en sachant que c'est interdit ce ne sont pas les dispositions idéales pour apprendre à Faire attention alors que si vous le laissez faire après lui avoir montré ce qu'il risque, vous le verrez renouveler l'expérience un très grand nombre de fois :approcher la porte jusqu'à ce qu'on ne voie pius le jour. l'écarter nouveau, la refermer, l'écarter... Peut-être le verrez-vous appuyer la porte sur son doigt pour expérimenter, seul, ce que vous lui avez dit.
Manifestation de son intelligence et du fait qu'il ne se sent pas un « obéissant passif » mais qu'il cherche à comprendre, à s'approprier ce qu'on lui dit. Là, nous apprenons que nous pouvons lui faire confiance. Il va intégrer lui-même ce que vous venez de lui montrer. Croyez-vous qu'il aime souffrir ? S'il s'est fait un peu mal, il n'aura aucune envie de recommencer ; par contre, il aimera toujours tenter de faire ce que vous interdisez. C'est, je crois, un bon exemple d'apprentissage « de l'inté rieur » (qui a des chances de « tenir »), alors que l'apprentissage par soumission ou crainte de la punition a plus de chance d'être remis en question quand vous n'êtes pas là.
Désir de comprendre et de maîtriser la situation que l'on observe chez tous les enfants habitués à l'activité libre. Si votre enfant a l'habitude de l'activité libre, vous verrez qu'il fera ces expé riences très calmement. On peut souli gner ici la différence entre se blesser et se faire un peu mal. Autant peut une blessure éviter à tout prix évidemment, autant il peut souvent être utile de se faire un peu mal.
Si un enfant est élevé en activité libre, on n'aura pas besoin de lui acheter de casque ni de cabochons arrondis à mettre aux coins des tables, :l'aura appris par lui-même à être attentif.
La chaise est peu stable et l'adulte doit être proche. Mois alors quel exercice d'équilibre : à cet instant, le pied gauche ne touche plus le sol et la main droite n'a pas encore atteint le dossier. Effort, alors que la chaisebouge. C'est le troisième essai; placé sur le côté, l'enfant avait perdu l'équilibre en inclinant trop la chaise. Après sa réussite, Il recommencera trois foisavec le même succès pour terminer assis, tranquille, dans une position confortable et avec un regard satisfait vers l'adulte... qu'il semble venir de découvrir ! de pouvoir faire un certain nombre d'expériences ou de jeux loin du regard des adultes. Il faut donc que ceux-ci puissent être assurés que les risques ne sont pas trop grands.
Je vous citerai en vrac un certain nombre d'activités qui ont passionné mes petits garçons. Vos enfants à vous auront beaucoup d'autres idées :
- viner le placard de conserves, faire rouler les boîtes, les empiler ; entourer tout le contenu d'un carton au retour des courses d'épicerie, monter tout seul sur un tabouret près de l'évier et « faire la vaisselle », laver les légumes ;
-mettre et enlever les coussins sur un canapé (aider à ranger. à faire le lit);
-vider et remplir la corbeille à papiers (veillez alors à ce que vous jetez dedans) ;
- grimper sur l'escabeau et en descendre ;
-balayer;
-entrer dans des grands cartons, en sortir, se cacher dedans.
Le bricolage de papa a été la source d'un intérêt inépuisable. À un enfant qui est habitué depuis toujours à une activité libre et à un contrôle de lui- même, on peut parfaitement prêter des morceaux de bois, un marteau pas trop gros, montrer les clés anglaises, les pinces. etc. Ce n'est évidemment pas possible avec un enfant agité, touche à tout, inquiet.